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08 Mar

Hermines du jura

Benjamin / Mammifères / / 3 Comments

Pour la deuxième année consécutive, le séjour hivernal dans le massif du Jura entre amis nous a permis d’observer et photographier des hermines. Après avoir fait un très intéressant stage avec Fabien Gréban en 2013 qui m’a permis d’apprendre la bonne approche, je préfère maintenant consacrer (beaucoup) de temps en repérage et photographier les hermines au gré des rencontres, quitte à ce qu’elles soient très rares. J’ai d’ailleurs fait chou blanc les premières années.

Il faut avoir l’œil aiguisé pour repérer l’hermine lorsqu’elle est en vigilance maximum

Il faut rappeler qu’un stage avec un photographe spécialisé comme Fabien est la manière la plus efficace et la plus sure d’aborder une nouvelles espèce. Surtout si on n’a pas de temps à consacrer au repérage, étape longue, frustrante mais indispensable.

Les repérages et les affuts infructueux sont souvent l’occasion d’observer des scènes intéressantes avec les autres animaux qui fréquentent les sites. Ici un faucon crécerelle qui s’envole après avoir dégusté sa proie au sol.

Fabien connait très très bien sa région, l’espèce, les individus et sais enseigner les bons gestes pour minimiser au maximum le dérangement de la faune, et optimiser les chances de faire des images. Même quand on est un photographe confirmé il est toujours très enrichissant de partager une ou deux journées avec un spécialiste d’une espèce inconnue, et c’est le meilleur moyen de faire des images « proprement » sans consacrer le temps qui serait nécessaire à obtenir les mêmes résultats seul.

Revenons à nos… moutons. Cette année au bout de deux jours nous avions 2 hermines repérées, et au final 4. Notre repérage est devenu plus efficace, on connait mieux le biotope. Le séjour commençait très bien! Mais beaucoup de questions se posent encore…

Cette hermine peu farouche regarde passer une joggeuse le long de la route, tandis que nous photographions un autre individu.

C’était sans compter le temps qui a joué les trublions, les fenêtres météo ont été assez rares. Après des heures d’affut dans la neige, la boue, la pluie… le soleil a pointé et les hermines ont repris leur activité intensives. Elles peuvent rester plusieurs jours sans chasse lorsque les conditions ne sont pas favorables, et il semble que c’était le cas. Elles piochent alors dans leurs réserves souterraines.

Elles savent se montrer très peu farouches (la preuve cette hermine qui regarde passer une joggeuse sur la route) mais peuvent aussi rester cachées des jours entiers.

Les hermines font constamment le gué. Pour guetter les proies et surtout surveiller les éventuels rapaces qui sont leurs prédateurs, ainsi que les renards. La traditionnelle « chandelle » qui permet d’apercevoir ces petits mustélidés quand on a l’œil un peu exercé.

Ici on voit bien le pompon noir de la queue qui permet de les distinguer de leurs cousines martres ou belettes quand elles sont en pelage d’été.

Elles peuvent se montrer curieuses. Ici, habituée à cette masse qui produit des « clic clic » elle n’est plus inquiète que ça.

 

25 Oct

Lumières d’Écosse

Benjamin / Non classé / / 1 Comment

Cette année encore, la destination d’automne a été l’Écosse. La beauté des paysages, la sérénité de la faune et les lumières du nord ont encore pesé dans la balance. Cette fois ci nous étions 3 dans la voiture. La période de brame du cerf bat son plein à cette époque. Connaissant désormais un peu le terrain, j’ai pu préparer en amont quelques projets de prise de vue.

J’avais envie de favoriser les plans larges, et les ciels lumineux, les ambiances qu’on retrouve dans ces contrées. Je rêvais d’images de cerfs nageant. J’avais aussi très envie de croiser à nouveau le regard de la loutre. Il s’agit de loutre européenne (et non loutre de mer), mais elle pêche en mer. Elle est bien plus présente sur les côtes écossaises qu’en France, mais son observation reste hasardeuse, encore une fois il faut provoquer la chance et garde un œil ouvert quand on longe les côtes. L’an dernier nous l’avions aperçue quelques secondes. Cette année nous avons été gâtés avec 5 observations différentes, dont 3 qui ont donné lieu à des photos.

Quelques premières images, comme vous pouvez le voir, la chance a été au rendez vous.

Ecosse 2016

Ecosse 2016

Ecosse 2016

Ecosse 2016

Ecosse 2016

Ecosse 2016

16 Oct

Premiers contacts avec les blaireaux

Benjamin / Non classé / / 0 Comments

Cette année j’avais décidé de concentrer mes efforts sur les cerfs d’une part, et les animaux de terrier, renards et blaireaux, d’autre part. Ces animaux font parti de mon « big five » photographique régional.
On pourrait croire que l’exercice est facile si on se fie aux nombreuses photos qu’on peut trouver sur le web, mais rien n’est simple et ça demande beaucoup de temps.

Petite aparté ou coup de gueule à ce propos : dans certains secteurs en Côte d’Or, les blaireaux sont exterminés, accusés de propager la tuberculose aux élevages. L’espèce est également un gibier (on pourra s’interroger sur les motivations à la chasser…) donc la pression humaine est très importante sur cet animal dont la dynamique de population est relativement faible. Selon les régions il devient donc difficile de trouver des terriers occupés. On trouve plus souvent des bombes de produits qui ne devraient plus être utilisés depuis des années

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Fin de l’aparté…

Tous les photographes nature le savent, on fait des projets… et au final, on constate que le bilan est loin de ce qu’on avait planifié, la nature est imprévisible, ce qui fait tout son intérêt.

Des nombreuses séances de repérage des différents sites fréquentés par les cerfs, je n’ai pas tiré beaucoup plus de photos de cet animal qui demande un gros apprentissage. Il est pourtant bien présent, mais sait se faire très discret pour parvenir à sauver sa peau, d’une saison de chasse à l’autre.

Pour les blaireaux (et accessoirement les renards qui fréquentent les mêmes terriers, surtout pendant la période des naissances), j’avais décidé d’utiliser des pièges photos pour la surveillance des allées et venues.
Pas d’inquiétude, ces appareils n’ont de piège que le système infra rouge qui permet de détecter la présence d’un animal dans le faisceau. L’appareil photo interne permet alors de prendre des photos et même des vidéos. Un éclairage LED noir discret permet de prendre des images la nuit et les boitiers contiennent assez d’emplacements de batteries pour tenir quelques semaines, voire quelques mois.

Il suffit alors de venir relever la carte mémoire. On a toujours le cœur qui bat un peu plus vite quand on glisse la carte dans le lecteur, pressé de savoir ce qui a pu passer devant le piège.
Ayant tout à apprendre de ces animaux, malgré mes lectures naturalistes, j’ai considéré que c’était la méthode la moins dérangeante pour en savoir plus sur leurs allées venues.
J’ai donc entrepris d’enfin utiliser l’appareil que j’avais acheté l’année passée. Suivant les conseils d’amis plus expérimentés, j’ai décidé de laisser au moins une semaine le piège en place. Ces petites boites à images ne s’apprivoisent pas spontanément et la sanction est lourde quand à l’issue de la semaine on constate qu’aucune image n’a été prise. C’est autant de retard sur la saison qui s’accumule.
J’ai fini par avoir quelques images de passages, j’ai acheté un deuxième appareil pour pouvoir couvrir plus de terriers. J’ai petit à petit appris à mieux configurer les appareils, et mieux les placer. Voici deux de ces vidéos qui m’ont permis d’attester d’une présence sur les terriers pour vous faire une idée :

Malheureusement dans l’euphorie, j’ai oublié que la période des Mai arrivait, avec leurs lots de cueilleurs qui arpentent le moindre mètre carré de forêt. Ça n’a pas raté, mes pièges qui étaient invisibles en temps normal depuis les sentiers, ont été découverts et volés.

Évidemment, ça met un coup au moral, et j’ai baissé les bras quelques semaines. Et puis la période de la fenaison arrivait, mais ça fera certainement l’objet d’un autre billet.

La motivation est revenue à l’occasion d’une interview que j’ai réalisée pour le forum Alphadxd. La photo que j’avais choisie est issue d’une série réalisé par Samuel Hauviller (je vous recommande de visiter sa galerie). Ça a été l’occasion d’échanger un peu sur nos façon de procéder avec cet animal assez atypique, et je le remercie pour ses quelques conseils. Ça a suffit à me donner à nouveau l’envie de passer quelques heures en affut, pour enfin parvenir à quelques rencontres. Je ne peux que conseiller également la lecture du formidable fil de Jean-Pierre, alias RoboisdesBains, sur le forum Benelux. La qualité de ses vidéos et photos n’a d’égale que la gentillesse de leur auteur. C’est ma référence.

J’ai rapidement réalisé mes premières observations. Il était tard dans la saison pour réaliser des photos avec un peu de lumière, mais les différents terriers que je connaissais étaient actifs, ce qui m’a permis d’accumuler les heures d’affut sans exercer de pression sur un site en particulier. Une visite par semaine et par site en moyenne m’a semblé raisonnable.

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J’ai tiré mes premiers enseignements de ces observations, qui m’ont été confirmés par des photographes bien plus chevronnés. S’il faut être extrêmement prudent quant à la direction du vent et au bruit, le blaireau ne voit pas grand chose, et il n’est pas nécessaire de monter des affuts improbables pour surveiller à distance raisonnable un terrier. Par contre, attention de ne pas se mettre à côté d’une des nombreuses issues de secours de la blaireautière : s’ils sont assez routiniers, les blaireaux peuvent aussi s’avérer totalement imprévisibles et décider de changer de sortie du jour au lendemain.

J’ai opté pour des affuts assez courts en durée (1h-2h maxi) avec un matériel léger me permettant d’être très réactif et mobile. Les horaires tardifs des blaireaux mettent le matériel à rude épreuve. Heureusement les appareils photos modernes permettent une très haute sensibilité, et grâce à la stabilisation et au matériel léger, on peut utiliser des vitesses très lentes (16 000 iso, 1/30s f5.6 -1IL par exemple).

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Voyant que je galérais à réaliser quelques photos sur mes spots, un ami m’a gentiment invité à venir sur l’un des siens. Cet affut a été superbe, on a vu une bonne demi douzaine de blaireaux sur un site très ouvert.

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Et puis j’ai petit à petit arrêté mes affuts, les jours raccourcissant et n’ayant plus trop le temps à consacrer à la photo pendant quelques semaines. Ma dernière observation a été lors d’un repérage, de façon très inattendue. Vivement l’an prochain où j’aborderai la saison avec en tête les images que je veux réaliser… Il faudra encore beaucoup de préparation.

Post scriptum : je viens de lire et je vous recommande si vous voulez débuter la photo de blaireaux, l’excellent article de Fabien Gréban sur le site de Régis Moscardini Auxois Nature.

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