Catégorie : Non classé

08 Août

Canicule pour les blaireaux, une observation assez exceptionnelle

Benjamin / Non classé / / 2 Commentaires

Il y a quelques jours, je décide de me rendre sur une blaireautière qui permet souvent de belles observations. C’est un « repérage » pour voir si les habitudes n’ont pas trop changé, en vue d’un affut avec un ami suisse qui veut découvrir ces petites bêtes.

J’appelle un autre ami, lui propose de faire l’affut ensemble, et nous voila partis. Ce jour là, en plein milieu de la période de canicule, il a plu sur cette région de la Bourgogne. La température est de 22°C quand nous garons la voiture, c’est exceptionnel!

L’air frais est agréable pour la montée assez raide vers l’affut. Nous nous installons rapidement. Je compte sur ce rafraichissement pour favoriser une sortie des blaireaux assez tôt. Le vent est quasi nul, bien orienté, les conditions sont bonnes.

Pourtant, durant les 2 premières heures d’affut, rien ne se passe… La nature est silencieuse, pas un chevreuil, la harde de sangliers, qui descend souvent la combe, ne se fait pas entendre, le calme plat…

Un peu après 20h30, un premier individu sort rapidement de la gueule du terrier habituel, et file vers le haut de la combe. Il fait un petit arrêt à notre hauteur, photo, la soirée est déjà réussie, une photo à 5000 iso c’est exceptionnel (je suis souvent bien au dessus), il prend le large tout à fait serein, conditions idéales.

J’ai souvent observé cette situation depuis 3 saisons maintenant que je les observe. Les premiers individus partent généralement très rapidement, ne prennent pas le temps de faire leur toilette ou de se gratter longuement, comme la majorité du groupe familiale le fait tous les jours. J’en déduis qu’il s’agit d’urgences, faim, besoins naturels… ça reste à découvrir j’en apprends tous les jours.

Quelques minutes après, vers 20h45, quelques têtes pointent plus prudemment, puis sortent rapidement, en toute confiance. Je suis placé assez près de la gueule du terrier, je me fais très discret et reste immobile. Un des individus monte à ma hauteur, contourne un bouquet de hêtres et semble me regarder à travers la fourche formée par les arbres :

Évidemment je suis sur le qui vive, j’ai l’impression qu’il a détecté ma présence.

Finalement il baisse la tête et il ne me faut qu’un court instant pour identifier le bruit que j’entends : à ses lapements je comprends qu’il est en train de boire l’eau de pluie collectée dans le creux de la fourche!

Je savais par mes lectures (ouvrage consacré au blaireau chez Delachaux et Niestlé) qu’ils peuvent trouver de l’eau dans des endroits similaires. Mais je n’osais pas espérer être témoin d’une telle scène!

Mon ami, placé sur un autre axe, observe d’un peu plus loin, et ne pourra pas comprendre tout de suite la scène. Sa vue est masquée par des arbres. Je lui raconterai en sortant de l’affut une demi heure plus tard.

Bientôt, 2 autres blaireaux montent pour aller boire avec avidité sur ce trou d’eau et un autre à quelques mètres. J’enclenche le mode vidéo pendant qu’il y a du mouvement, et je filme la scène :

Je fais encore quelques vidéos et photos, le petit groupe s’est rassemblé au bord du trou qui lui sert de sortie en ce moment, et s’épouille vigoureusement, en profite un peu pour chahuter, se câliner…

Finalement chacun finit par quitter successivement la blaireautière pour aller chercher la nourriture quotidienne. Un petit arrêt par la zone des « pots » pour les besoins naturels et ils disparaissent dans la pénombre qui s’installe.

La zone se vide et on peut repartir tranquillement. Ils ont navigué à quelques mètres de nous sans nervosité, ils n’ont pas soupçonné notre présence c’est un affut parfaitement réussi et particulièrement riche en observations.

Avant de quitter nos postes, on vide les bouteilles d’eau de nos sacs dans ce qu’on sait être maintenant de précieuses réserves pour ces blaireaux qui souffrent de la chaleur comme les autres animaux. Un petit geste pour nous.

17 Juil

Création du Collectif Renard Doubs

Benjamin / Mammifères, Non classé / / 1 Commentaire

A l’image du très efficace Collectif Renard Grand Est, 12 franc-comtois représentant diverses activités (dont Fabien Gréban et Didier Pépin) ont initié un collectif Doubs pour la protection du renard dans le département, avec pour objectif le retrait du renard des espèces nuisibles en 2019.

Le grand intérêt que je vois à ce collectif est qu’il regroupe toutes les parties : naturaliste, observateur, photographe, mais aussi agriculteur, chasseur, et scientifique. On peut donc attendre une action raisonnée et étayée par des réflexions pragmatiques (mot à la mode…) avec un argumentaire scientifique.

Terre d’élevage, le Doubs est victime des ravages des rongeurs sur les prairies. C’est donc très logiquement que certains agriculteurs voient aujourd’hui l’intérêt de maintenir la population de leurs prédateurs pour protéger naturellement leur outil de travail, la nature.

Longue vie à ce collectif!

Signalons que chacun d’entre nous peut agir individuellement pour soutenir ce projet : http://www.renard-doubs.fr/comment-agir.php

 

27 Avr

Sale temps pour les blaireaux en Côte d’Or

Benjamin / Non classé / / 0 Commentaire

Une année très riche et très occupée, mais tant de photos que ça. Il faudrait que je fasse un billet sur mon voyage aux Shetland en juin 2017…

En attendant, reprise de la saison avec un animal qui me tient à cœur, le blaireau.

Il est malheureusement menacé en Côte d’Or par un arrêté éradication, parce qu’il est accusé d’être vecteur de la tuberculose bovine et présente donc un risque pour les troupeaux d’élevage.

Voici le message que j’ai envoyé à la préfecture de Côte d’Or pour la consultation qui prenait fin le 11 avril, j’ai essayé d’être concis, mais le rapport du CSPNB ( Le conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité) est très intéressant.

Bonjour,

 

Je m’oppose à cet arrêté. En effet le CSPNB a rendu un rapport sur le blaireau le 2 juin 2016 qui fait état de plusieurs constations (sources https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/CSPNB%2020160601.pdf ):

  • La population de blaireaux est stable et modérée.
  • Les évocations de dégâts sur les cultures ne sont pas étayées
  • Le blaireau peut être porteur de la tuberculose, mais il est plus probable que la contamination soit la cause du contact avec des animaux domestiques plutôt que le contraire. Le blaireau ne serait pas le coupable, mais donc la victimede la contamination.
  • Toute réduction brutale de l’effectif entraine peut d’effet sur la population : l’espace libéré est reconquis par d’autres blaireaux (études Anglaises)
  • La vaccination des blaireaux pourrait être une alternative prometteuse si besoin était.
  • les méthodes utilisées pour éliminer les blaireaux sont pour certaines considérées comme « particulièrement  choquantes.
  • Je cite : « En conclusion, ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux. La règlementation devrait proscrire et   pénaliser   les   méthodes   d’abattage   inhumaines,   encourager   l’exploration   de   voies alternatives  à  l’abattage,  et,  dans  le  cas  de  la  tuberculose,  permettre  la  vaccination  des blaireaux même dans les régions où la prévalence de la maladie est encore faible. »

Tous ces arguments sont amplement suffisants pour que ce projet d’arrêté soit définitivement abandonné.

 

Meilleures salutations
Benjamin Judas