Catégorie : Non classé

19 Juil

Guêpiers : et si ça devenait compliqué?

Benjamin / Non classé, Oiseaux / / 1 Commentaire

Après l’euphorie des débuts, je vais de moins en moins voir les guêpiers. C’est la période où d’autres photos sont réalisables, le printemps touche à sa fin et les portées de mammifères sont déjà agées et prennent leur indépendance doucement. Ces photos prennent du temps, cette année par exemple j’essaie de multiplier les observations de blaireaux. A suivre…

L’environnement peut être très minéral. Les guêpiers creusent leurs nids dans les rives travaillées par la rivière.

Mais là, j’avais promis à un photographe rencontré sur une expo de l’emmener voir des guêpiers. Je n’ai pas d’assez bons « spots » pour justifier de faire faire à quelqu’un 300km pour venir faire des photos d’animaux. Mais les guêpiers, c’est « facile », c’est à dire qu’en principe, quand on connait un spot on est assuré d’y voir des oiseaux tout au long de la saison. Et c’est un si bel oiseau… Donc j’ai pensé pouvoir le proposer, à quelqu’un de confiance. Et bien on a failli faire choux blanc.
En plus d’une météo assez exécrable le matin, les oiseaux étaient très peu présents. Pourtant à cette période, ils sont en principe très actifs car ils nourrissent les petits. Et lors d’une sortie « reconnaissance » un mois avant j’avais vu une vingtaine de couples au moins, au juger…
Là, très peu d’oiseaux… et craintifs, ils se perchent en haut des arbres et boudent les buissons habituels.La visite d’un deuxième endroit a permis de faire quelques photos, heureusement!

Malgré le mauvais temps, les insectes sont assez présents, heureusement pour le nourrissage des petits.

Tentative d’explication… La rivière a érodé la rive et peut être que le site est moins propice. Mais je pense plutôt que cet endroit devient très connu, et que la réputation de « facilité » de la photo de guêpier joue des tours à ces oiseaux qui viennent d’Afrique nicher dans notre région.

Il y a une différence entre venir une demi-journée le week end, et passer la semaine devant les nids. Et quand bien même on vient une journée de temps en temps, si on est 30 à venir, ça fait une occupation quasi continuelle du site. C’est un des gros problèmes du partage des spots. Dont je profite comme tout le monde, je tiens à le préciser.

Ils se perchent souvent avant de rejoindre le nid, et se croiser parfois avec leur partenaire. C’est le moment de faire des photos!

Et il y a une différence entre être débutant et faire des bêtises (comme tout le monde et moi le premier) et savoir pertinemment qu’on fait mal et persister.
Pour étayer mon propos je précise que j’ai vu il y a deux ans, trois photographes debout devant les nids, objectifs sur trépieds pointés sur les oisillons, et qui m’ont assuré qu’ils ne dérangeaient pas puisque les oiseaux venaient nourrir les petits (encore heureux!). Et une discussion Facebook sur l’accès à un site montpelliérain me fait penser que ce comportement est devenu trop fréquent.

Je ne vais pas faire de leçon de moral et me présenter comme le photographe parfait. Loin de là, comme tout le monde j’ai ma propre notion des « limites » à ne pas dépasser, et parfois je me trompe, je me rends compte que j’ai dérangé un animal et je corrige. Pour faire souvent des photos avec des amis, je sais qu’on a tous des limites différentes, et personne n’est sûr d’avoir raison.

Ceci dit, il y a des bases, une étique. Et faire photos d’oiseaux sous un filet, ou mieux une tente, c’est la base. Les guêpiers sont effectivement très tolérants, mais qui en a déjà approché sait qu’ils s’en vont au passage d’un promeneur, pour revenir 5mn après. Donc venir avec une tente, s’installer au bon moment et rapidement, ça n’est pas une grosse contrainte et c’est le strict minimum pour qu’ils puissent vaquer à leurs préoccupations sans être inquiétés. Souvent je me mets à une distance raisonnable d’un buisson où les oiseaux viennent (j’aime bien les perchoirs naturels) et je place un perchoir à mi distance. Quand un oiseau vient s’y poser, et c’est quasi systématique, je me dis que je ne suis pas dans sa zone de sécurité. Il a adopté le nouveau paysage.

Les hirondelles des rivages sont les voisines de palier des guêpiers. Et elles ne chôment pas!

Bref, ce n’est pas un coup de gueule, mais ça y ressemble… je pense qu’il est de notre responsabilité de faire le ménage dans nos rangs, calmement, mais fermement, avant que des interdictions le fassent pour nous. On doit communiquer, expliquer aux débutants qu’après leurs couteux achats optiques, une grosse centaine d’euro dans une tente est un excellent investissement, et la garantie d’avoir des oiseaux qui viennent à nous, plutôt que de courir après… plutôt que de faire les cadors en montrant des photos qui font baver les nouveaux venus, et leur font imaginer qu’elles sont réalisables en « soignant son approche »…

J’ai trouvé des photographes très intelligents qui m’expliquent les bases sur la photo de cerfs, leur vie, leurs mouvements. Je ne peux pas prétendre avoir l’expérience de naturalistes qui font ça depuis 15 ou 20 ans alors que ça n’en fait que 4 ou 5 pour moi… Ils préfèrent transmettre leurs connaissances pour minimiser l’impact de l’arrivée d’un nouveau photographe plutôt que de le laisser commettre ses inévitables bévues. J’admire cette démarche, je les en remercie et si je peux la reproduire à mon échelle, je ne m’en priverai pas. Je pense que c’est un exemple à prendre, il y va de notre responsabilité.

25 Oct

Lumières d’Écosse

Benjamin / Non classé / / 1 Commentaire

Cette année encore, la destination d’automne a été l’Écosse. La beauté des paysages, la sérénité de la faune et les lumières du nord ont encore pesé dans la balance. Cette fois ci nous étions 3 dans la voiture. La période de brame du cerf bat son plein à cette époque. Connaissant désormais un peu le terrain, j’ai pu préparer en amont quelques projets de prise de vue.

J’avais envie de favoriser les plans larges, et les ciels lumineux, les ambiances qu’on retrouve dans ces contrées. Je rêvais d’images de cerfs nageant. J’avais aussi très envie de croiser à nouveau le regard de la loutre. Il s’agit de loutre européenne (et non loutre de mer), mais elle pêche en mer. Elle est bien plus présente sur les côtes écossaises qu’en France, mais son observation reste hasardeuse, encore une fois il faut provoquer la chance et garde un œil ouvert quand on longe les côtes. L’an dernier nous l’avions aperçue quelques secondes. Cette année nous avons été gâtés avec 5 observations différentes, dont 3 qui ont donné lieu à des photos.

Quelques premières images, comme vous pouvez le voir, la chance a été au rendez vous.

Ecosse 2016

Ecosse 2016

Ecosse 2016

Ecosse 2016

Ecosse 2016

Ecosse 2016

16 Oct

Premiers contacts avec les blaireaux

Benjamin / Non classé / / 0 Commentaire

Cette année j’avais décidé de concentrer mes efforts sur les cerfs d’une part, et les animaux de terrier, renards et blaireaux, d’autre part. Ces animaux font parti de mon « big five » photographique régional.
On pourrait croire que l’exercice est facile si on se fie aux nombreuses photos qu’on peut trouver sur le web, mais rien n’est simple et ça demande beaucoup de temps.

Petite aparté ou coup de gueule à ce propos : dans certains secteurs en Côte d’Or, les blaireaux sont exterminés, accusés de propager la tuberculose aux élevages. L’espèce est également un gibier (on pourra s’interroger sur les motivations à la chasser…) donc la pression humaine est très importante sur cet animal dont la dynamique de population est relativement faible. Selon les régions il devient donc difficile de trouver des terriers occupés. On trouve plus souvent des bombes de produits qui ne devraient plus être utilisés depuis des années

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Fin de l’aparté…

Tous les photographes nature le savent, on fait des projets… et au final, on constate que le bilan est loin de ce qu’on avait planifié, la nature est imprévisible, ce qui fait tout son intérêt.

Des nombreuses séances de repérage des différents sites fréquentés par les cerfs, je n’ai pas tiré beaucoup plus de photos de cet animal qui demande un gros apprentissage. Il est pourtant bien présent, mais sait se faire très discret pour parvenir à sauver sa peau, d’une saison de chasse à l’autre.

Pour les blaireaux (et accessoirement les renards qui fréquentent les mêmes terriers, surtout pendant la période des naissances), j’avais décidé d’utiliser des pièges photos pour la surveillance des allées et venues.
Pas d’inquiétude, ces appareils n’ont de piège que le système infra rouge qui permet de détecter la présence d’un animal dans le faisceau. L’appareil photo interne permet alors de prendre des photos et même des vidéos. Un éclairage LED noir discret permet de prendre des images la nuit et les boitiers contiennent assez d’emplacements de batteries pour tenir quelques semaines, voire quelques mois.

Il suffit alors de venir relever la carte mémoire. On a toujours le cœur qui bat un peu plus vite quand on glisse la carte dans le lecteur, pressé de savoir ce qui a pu passer devant le piège.
Ayant tout à apprendre de ces animaux, malgré mes lectures naturalistes, j’ai considéré que c’était la méthode la moins dérangeante pour en savoir plus sur leurs allées venues.
J’ai donc entrepris d’enfin utiliser l’appareil que j’avais acheté l’année passée. Suivant les conseils d’amis plus expérimentés, j’ai décidé de laisser au moins une semaine le piège en place. Ces petites boites à images ne s’apprivoisent pas spontanément et la sanction est lourde quand à l’issue de la semaine on constate qu’aucune image n’a été prise. C’est autant de retard sur la saison qui s’accumule.
J’ai fini par avoir quelques images de passages, j’ai acheté un deuxième appareil pour pouvoir couvrir plus de terriers. J’ai petit à petit appris à mieux configurer les appareils, et mieux les placer. Voici deux de ces vidéos qui m’ont permis d’attester d’une présence sur les terriers pour vous faire une idée :

Malheureusement dans l’euphorie, j’ai oublié que la période des Mai arrivait, avec leurs lots de cueilleurs qui arpentent le moindre mètre carré de forêt. Ça n’a pas raté, mes pièges qui étaient invisibles en temps normal depuis les sentiers, ont été découverts et volés.

Évidemment, ça met un coup au moral, et j’ai baissé les bras quelques semaines. Et puis la période de la fenaison arrivait, mais ça fera certainement l’objet d’un autre billet.

La motivation est revenue à l’occasion d’une interview que j’ai réalisée pour le forum Alphadxd. La photo que j’avais choisie est issue d’une série réalisé par Samuel Hauviller (je vous recommande de visiter sa galerie). Ça a été l’occasion d’échanger un peu sur nos façon de procéder avec cet animal assez atypique, et je le remercie pour ses quelques conseils. Ça a suffit à me donner à nouveau l’envie de passer quelques heures en affut, pour enfin parvenir à quelques rencontres. Je ne peux que conseiller également la lecture du formidable fil de Jean-Pierre, alias RoboisdesBains, sur le forum Benelux. La qualité de ses vidéos et photos n’a d’égale que la gentillesse de leur auteur. C’est ma référence.

J’ai rapidement réalisé mes premières observations. Il était tard dans la saison pour réaliser des photos avec un peu de lumière, mais les différents terriers que je connaissais étaient actifs, ce qui m’a permis d’accumuler les heures d’affut sans exercer de pression sur un site en particulier. Une visite par semaine et par site en moyenne m’a semblé raisonnable.

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J’ai tiré mes premiers enseignements de ces observations, qui m’ont été confirmés par des photographes bien plus chevronnés. S’il faut être extrêmement prudent quant à la direction du vent et au bruit, le blaireau ne voit pas grand chose, et il n’est pas nécessaire de monter des affuts improbables pour surveiller à distance raisonnable un terrier. Par contre, attention de ne pas se mettre à côté d’une des nombreuses issues de secours de la blaireautière : s’ils sont assez routiniers, les blaireaux peuvent aussi s’avérer totalement imprévisibles et décider de changer de sortie du jour au lendemain.

J’ai opté pour des affuts assez courts en durée (1h-2h maxi) avec un matériel léger me permettant d’être très réactif et mobile. Les horaires tardifs des blaireaux mettent le matériel à rude épreuve. Heureusement les appareils photos modernes permettent une très haute sensibilité, et grâce à la stabilisation et au matériel léger, on peut utiliser des vitesses très lentes (16 000 iso, 1/30s f5.6 -1IL par exemple).

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Voyant que je galérais à réaliser quelques photos sur mes spots, un ami m’a gentiment invité à venir sur l’un des siens. Cet affut a été superbe, on a vu une bonne demi douzaine de blaireaux sur un site très ouvert.

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Et puis j’ai petit à petit arrêté mes affuts, les jours raccourcissant et n’ayant plus trop le temps à consacrer à la photo pendant quelques semaines. Ma dernière observation a été lors d’un repérage, de façon très inattendue. Vivement l’an prochain où j’aborderai la saison avec en tête les images que je veux réaliser… Il faudra encore beaucoup de préparation.

Post scriptum : je viens de lire et je vous recommande si vous voulez débuter la photo de blaireaux, l’excellent article de Fabien Gréban sur le site de Régis Moscardini Auxois Nature.

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