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16 Oct

Premiers contacts avec les blaireaux

Cette année j’avais décidé de concentrer mes efforts sur les cerfs d’une part, et les animaux de terrier, renards et blaireaux, d’autre part. Ces animaux font parti de mon « big five » photographique régional.
On pourrait croire que l’exercice est facile si on se fie aux nombreuses photos qu’on peut trouver sur le web, mais rien n’est simple et ça demande beaucoup de temps.

Petite aparté ou coup de gueule à ce propos : dans certains secteurs en Côte d’Or, les blaireaux sont exterminés, accusés de propager la tuberculose aux élevages. L’espèce est également un gibier (on pourra s’interroger sur les motivations à la chasser…) donc la pression humaine est très importante sur cet animal dont la dynamique de population est relativement faible. Selon les régions il devient donc difficile de trouver des terriers occupés. On trouve plus souvent des bombes de produits qui ne devraient plus être utilisés depuis des années

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Fin de l’aparté…

Tous les photographes nature le savent, on fait des projets… et au final, on constate que le bilan est loin de ce qu’on avait planifié, la nature est imprévisible, ce qui fait tout son intérêt.

Des nombreuses séances de repérage des différents sites fréquentés par les cerfs, je n’ai pas tiré beaucoup plus de photos de cet animal qui demande un gros apprentissage. Il est pourtant bien présent, mais sait se faire très discret pour parvenir à sauver sa peau, d’une saison de chasse à l’autre.

Pour les blaireaux (et accessoirement les renards qui fréquentent les mêmes terriers, surtout pendant la période des naissances), j’avais décidé d’utiliser des pièges photos pour la surveillance des allées et venues.
Pas d’inquiétude, ces appareils n’ont de piège que le système infra rouge qui permet de détecter la présence d’un animal dans le faisceau. L’appareil photo interne permet alors de prendre des photos et même des vidéos. Un éclairage LED noir discret permet de prendre des images la nuit et les boitiers contiennent assez d’emplacements de batteries pour tenir quelques semaines, voire quelques mois.

Il suffit alors de venir relever la carte mémoire. On a toujours le cœur qui bat un peu plus vite quand on glisse la carte dans le lecteur, pressé de savoir ce qui a pu passer devant le piège.
Ayant tout à apprendre de ces animaux, malgré mes lectures naturalistes, j’ai considéré que c’était la méthode la moins dérangeante pour en savoir plus sur leurs allées venues.
J’ai donc entrepris d’enfin utiliser l’appareil que j’avais acheté l’année passée. Suivant les conseils d’amis plus expérimentés, j’ai décidé de laisser au moins une semaine le piège en place. Ces petites boites à images ne s’apprivoisent pas spontanément et la sanction est lourde quand à l’issue de la semaine on constate qu’aucune image n’a été prise. C’est autant de retard sur la saison qui s’accumule.
J’ai fini par avoir quelques images de passages, j’ai acheté un deuxième appareil pour pouvoir couvrir plus de terriers. J’ai petit à petit appris à mieux configurer les appareils, et mieux les placer. Voici deux de ces vidéos qui m’ont permis d’attester d’une présence sur les terriers pour vous faire une idée :

Malheureusement dans l’euphorie, j’ai oublié que la période des Mai arrivait, avec leurs lots de cueilleurs qui arpentent le moindre mètre carré de forêt. Ça n’a pas raté, mes pièges qui étaient invisibles en temps normal depuis les sentiers, ont été découverts et volés.

Évidemment, ça met un coup au moral, et j’ai baissé les bras quelques semaines. Et puis la période de la fenaison arrivait, mais ça fera certainement l’objet d’un autre billet.

La motivation est revenue à l’occasion d’une interview que j’ai réalisée pour le forum Alphadxd. La photo que j’avais choisie est issue d’une série réalisé par Samuel Hauviller (je vous recommande de visiter sa galerie). Ça a été l’occasion d’échanger un peu sur nos façon de procéder avec cet animal assez atypique, et je le remercie pour ses quelques conseils. Ça a suffit à me donner à nouveau l’envie de passer quelques heures en affut, pour enfin parvenir à quelques rencontres. Je ne peux que conseiller également la lecture du formidable fil de Jean-Pierre, alias RoboisdesBains, sur le forum Benelux. La qualité de ses vidéos et photos n’a d’égale que la gentillesse de leur auteur. C’est ma référence.

J’ai rapidement réalisé mes premières observations. Il était tard dans la saison pour réaliser des photos avec un peu de lumière, mais les différents terriers que je connaissais étaient actifs, ce qui m’a permis d’accumuler les heures d’affut sans exercer de pression sur un site en particulier. Une visite par semaine et par site en moyenne m’a semblé raisonnable.

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J’ai tiré mes premiers enseignements de ces observations, qui m’ont été confirmés par des photographes bien plus chevronnés. S’il faut être extrêmement prudent quant à la direction du vent et au bruit, le blaireau ne voit pas grand chose, et il n’est pas nécessaire de monter des affuts improbables pour surveiller à distance raisonnable un terrier. Par contre, attention de ne pas se mettre à côté d’une des nombreuses issues de secours de la blaireautière : s’ils sont assez routiniers, les blaireaux peuvent aussi s’avérer totalement imprévisibles et décider de changer de sortie du jour au lendemain.

J’ai opté pour des affuts assez courts en durée (1h-2h maxi) avec un matériel léger me permettant d’être très réactif et mobile. Les horaires tardifs des blaireaux mettent le matériel à rude épreuve. Heureusement les appareils photos modernes permettent une très haute sensibilité, et grâce à la stabilisation et au matériel léger, on peut utiliser des vitesses très lentes (16 000 iso, 1/30s f5.6 -1IL par exemple).

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Voyant que je galérais à réaliser quelques photos sur mes spots, un ami m’a gentiment invité à venir sur l’un des siens. Cet affut a été superbe, on a vu une bonne demi douzaine de blaireaux sur un site très ouvert.

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Et puis j’ai petit à petit arrêté mes affuts, les jours raccourcissant et n’ayant plus trop le temps à consacrer à la photo pendant quelques semaines. Ma dernière observation a été lors d’un repérage, de façon très inattendue. Vivement l’an prochain où j’aborderai la saison avec en tête les images que je veux réaliser… Il faudra encore beaucoup de préparation.

Post scriptum : je viens de lire et je vous recommande si vous voulez débuter la photo de blaireaux, l’excellent article de Fabien Gréban sur le site de Régis Moscardini Auxois Nature.

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25 Mai

Écosse : oiseaux de la côte Est (2) Falaises de Folwsheugh

Jour 2.
Temps superbe ce matin, c’est aussi ça l’Écosse, ça se confirme. On ne perd pas de temps pour se rendre sur la falaise, on y passera la journée. Sur place on est tranquille, quelques photographes sillonnent la falaise, mais l’endroit est très vaste. On se régale avec les pingouins torda et guillemots de troil qui sont posés quelques mètres en contre bas. C’est le printemps, parades, accouplements, la vie bat son plein.

Des centaines d’oiseaux crient, volent, pêchent… l’ambiance est magique, pas du tout oppressante. Même l’odeur est tout à fait supportable, le vent balaie tout ça et il subsiste juste une odeur de poisson. C’est un très bel endroit. Les macareux n’y sont pas aussi nombreux que sur les Iles de Farne ou May, on goute ici une nature moins aménagée, plus sauvage. Mériter nos premières photos de macareux n’est pas pour nous déplaire.

22 Mai

Écosse : oiseaux de la côte Est (1)

2013, l’idée d’un voyage pour observer les oiseaux d’Écosse germe dans les têtes de Pascal et Catherine. L’autre Pascal, Touco, revient d’un trip sur Jura avec des superbes photos de paysages et de mammifères et n’attend qu’une occasion pour un troisième voyage au pays des whiskys tourbés. Pour ma part, l’Écosse et ses paysages m’ont toujours fait rêver et je suis très heureux de me greffer à ce projet quand on me le propose. C’est décidé, l’accent sera mis sur l’avifaune, et en particulier un oiseau emblématique (de l’Islande, de la LPO, mais aussi de l’Écosse), le macareux moine. Quelques mois pour organiser tout ça, au printemps 2014 un séjour sur l’Ile de Texel est déjà prévu, ce sera donc pour 2015.

Glanant des renseignements ça et là, le séjour s’organise autour d’Édimbourg, où on atterrira. On restera dans un rayon de 3 heures en voiture autour de la capitale pour ne pas passer notre temps dans les transports. Logement en cottage, 4 nuits au nord (Stonehaven) et 4 nuits au sud d’Édimbourg (Coldingham). Deux voitures pour assurer la liberté de chacun et le voyage est bouclé. Il reste à faire tenir tout le matériel en cabine, heureusement sur les vols Hop on a un peu plus de latitude (12kg) que sur Finnair (8). Panne de train à l’aller, avion raté, on est heureusement routés sur un nouveau vol quelques heures plus tard, tout finit bien et samedi soir on est tous réunis au cottage, remontés à bloc.

Malheureusement les prévisions annoncent une météo bien mauvaise le lendemain.

En effet, notre première journée sur les falaises de Folwsheugh sera très humide : un vent à décorner les blackfaces, une pluie battante et un petit 5°C très, très frais… Pour ma part le boitier restera au sec cette première journée, mais j’ai la banane : on a vu avec Touco notre premier macareux en vol stationnaire (contre le vent) à quelques mètres seulement, on est ravis, ils sont là, ce n’était pas gagné car c’est le tout début de la saison. On profite du mauvais temps pour tester nos premiers pubs. On sait que le lendemain sera une grosse journée, la météo est annoncée bonne. On va pouvoir profiter de ces superbes côtes sauvages. On a une pointe d’inquiétude pour la fin de la semaine, où des sorties en bateaux sur les iles sont prévues.

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